La découverte D'Ärthémillion, ou la Légende de Dayan
(retour)
Pour comprendre l’Histoire d’Ärthemillion, il faut
aller plus loin, chercher dans le passé, dans d’autres lieux.
Ärthemillion n’était alors qu’un Continent sans vie alors que plus loin,
beaucoup plus loin…
La guerre faisait rage. En ces temps sombres, les alliances étaient rompues et
n’avaient plus cours. Seuls les frères et les plus proches amis qui se
connaissaient depuis des années se faisaient encore confiance. La pluie
inondait chaque jour les vastes plaines boueuses de cette petite île. Les
royaumes n’étaient plus que des garnisons d’hommes qui s’entretuaient. Le
quotidien était d’attaquer et détruire son voisin le plus rapidement possible
de peur que ce soit lui qui vous détruise.
Ainsi chaque jour des centaines d’hommes mouraient, des Royaumes naissaient et
mouraient. Dès qu’un Roi était tué, chaque fils réclamait le trône créant des
guerres internes, des tueries bien pires que des batailles car les femmes, les
enfants et les vieillards n’étaient pas épargnés. Considérés comme enfants,
tous les hommes n’ayant pas la force de tenir une épée, c’est à dire qu’à
partir de 9 ans tous les enfants sont enrôlés dans les armées et tiennent
souvent lieu de première ligne.
Dans ce flou immense de troupes, de guerres interminables où on ne sait plus
qui combat qui, qui est avec qui, le petit royaume du Nain, Jukka Ier était en
guerre permanente. En effet, chaque jour de nouvelles troupes venaient détruire
ce minuscule royaume retranché au pied d’une montagne. Un château entouré de
hauts remparts et une grotte creusé dans la montagne pour se retrancher en
dernier recours formait la défense d’une population naine qui décroissait de
jour en jour.
Jukka était désespéré, comme chaque matin il se préparait dans la salle d’arme.
Dans quelques minutes, Hylthril, le commandant en chef de ses armées allait
faire irruption dans la pièce en criant « Nous sommes attaqués ! ». A cet
instant là, Jukka mettrait son casque sur sa tête, la main sur son épée et
sortirait en courant suivi de son commandant pour une nouvelle bataille.
Ce matin là Jukka avait quelques minutes d’avance. Alors qu’il finissait de
tailler sa lame on toqua à la porte.
Hyltril frappe à la porte maintenant ? Il est bien en avance.
« _ Entrez ! » cria le Roi Nain cessant son ouvrage.
La porte s’ouvrit, et un vieil homme au visage ridé apparut dans l’embrasure de
la porte.
« _ Dijul, que fais-tu ici à cette heure ? tu ne sais pas que des troupes vont
arriver décimer le peu de survivants que nous sommes. » demanda Jukka baissant
les yeux pour reprendre le taillage de sa lame.
« _ Certes Majesté, mais il fallait que je vous parle. » répondit sérieusement
le Mage Devant le ton grave du chef des Prêtres, Jukka cessa à nouveau son
ouvrage, leva les yeux et les plongea dans ceux de son locuteur.
« _ Ca a intérêt à être très important pour venir me déranger maintenant. »
« _ Ca l’est monseigneur croyez-moi. »
Jukka soupira, puis reprit sa taillade en annonçant.
« _ Tu as de la chance j’ai quelques minutes d’avance. Mais je te conseille de
ne pas me les faire perdre. Si c’est pour me dire que le peuple meurt de faim,
pas la peine, je le sais. Je mange autant qu’eux et je dois faire la guerre. »
« _ Non il ne s’agit pas de cela. Le peuple sait que vous vous sacrifiez pour
lui. Il vous admire d’ailleurs et vous ovationne plus qu’il ne vous blâme. »
« _ Très bien, je suis heureux de l’apprendre mais va droit au but je te prie.
»
« _ Soit. Cette nuit, j'ai fait un rêve étrange, il parle d’une Terre, très
loin d’ici. Une Terre où il ferait bon vivre. Une Terre où il n’y a pas de
guerre.. »
« _ Un monde bien utopique que voilà. Cesse de croire en tes rêves, tu n'est
plus un enfant. »
« _ Mon seigneur, c’est la vérité, je sais qu’elle existe, ce rêve était
différent, croyez moi. Elle est seulement à l’autre bord de l’océan qui nous
borde. »
« _ Notre Terre était jadis dans cette situation mais regarde ce qu’elle est
devenue. » soupira Jukka en rangeant l’épée dans son fourreau et bouclant son
armure.
« _ Oui mais là-bas il y aurait des puissances au-dessus de tout qui ferait
régner les valeurs premières !! »
« _ Des puissances ? »
« _ Des êtres suprêmes, il se font appeler DIEUX. » Le Mage déplia une carte
tout en disant : « Regardez, j’ai travaillé toute la nuit, j’ai confectionné un
plan pour fuir ces Terres et rejoindre la Terre Promise : Ärthémillion. »
Jukka finit de mettre ses gants et ses genouillères puis annonça au vieux Mage
impatient.
« _ Je suis désolé, je n’ai pas le temps maintenant. L’ennemi sera devant les
portes de la forteresse d’une minute à l’autre. Je verrai ça ce soir à tête
reposée. »
Le Mage sourit, toutes les rides de son visage se plissèrent puis il sortit de
la pièce et avant que la porte ne se referme, Hyltril poussa la porte d’une
force à la faire sortir de ses gonds et s’écria comme tous les matins alors que
Jukka attrapait son casque.
« Nous sommes attaqués ! »
Dans la grotte creusée où les femmes et les enfants attendaient loin des
combats de pouvoir ressortir, Dayan, un jeune paysan était allongé, blessé à la
jambe. Hier, il avait fait parti d’un groupe de mercenaires Nains engagés par
un Roi anonyme pour détruire ce royaume. Il avait rejoint ce groupe armé pour
que sa famille puisse vivre encore un peu avec le peu d’argent que valait sa
vie. Oui, ici, la vie s’achète, et mois cher que les chevaux des hommes. Ainsi
ce jeune paysan s’était retrouvé à faire la guerre sur ses hauts remparts. Les
troupes avaient réussi à poser une échelle et il fut le seul à réussir à
atteindre le sommet du mur où les archers Nains massacraient les mercenaires.
Dayan arrivé en haut vit l’échelle glisse et tomber avec une dizaine de soldats
avec. Dayan se retourna et vit le Nain qui venait de pousser l’échelle.
Puissant, une barbe et des yeux noirs qui exprimait une gigantesque force
intérieure. Un arc sur l’épaule il avait entre les mains une immense épée
tranchante qui semblait aussi lourde que sa grande armure. Le Nain regarda
Dayan qui se mit à trembler de tout son corps en pensant que sa dernière heure
venait de sonner. Il s’effondra quand le Nain tailla sa jambe droite d’un coup
d’épée ouvrant une grande plaie qui se mit à saigner abondamment. Le Nain leva
son épée vers le ciel pour frapper à la tête mais se figea dans son geste. Il
baissa son bras, rangea son épée au fourreau et leva Dayan pour l’amener en
sécurité. Le jeune paysan perdit connaissance à ce moment là.
Quand il se réveilla, la bataille devait être finie car le bruit des combats
avait cessé. Un groupe de Naines était autour de lui et soignait sa jambe. Il
essaya de parler mais aucun mot ne sortit de sa bouche, une jeune Naine sourit
et mit son index sur sa bouche.
Ce jour là, les troupes ennemies n’étaient que quelques centaines de Nains
épuisés qui vinrent mourir sur les hauts remparts Nains sous une pluie de
flèches et de roche. Malgré son entêtement à refuser l’hypothèse qu’un monde
meilleur existait Jukka fut très préoccupé à l’idée qu’un Dieu Juste pouvait
exister. Il avait même épargné un ennemi, ce qui était rare en temps de guerre,
et de sa part car les ennemis venaient quand même détruire son petit royaume,
et Jukka avait peu de pitié pour eux.
Le soir il rentra dans son bureau juste après un bain et découvrit tous les
parchemins étalés sur son bureau. Il feuilleta d’abord sans vraiment avoir
conscience puis commença à lire sérieusement le contenu. Il se plongea dans les
quelques parchemins parlant d’une Terre Vierge : Ärthemillion, un monde où il
pourrait s’installer tranquillement.
Plus tard la porte s’ouvrit sur le visage aux rides tannées mais avec un large
sourire.
« _ Vous m’avez convoqué mon seigneur ? »
« _ Oui entre ! Je t’ai fais venir à propos de cette Terre : Ärthemillion. Bien
agréable de penser qu’elle existe mais je ne veux pas me bercer d’illusions. De
plus qui pourrait croire aux songes d’un vieux fou ? »
Le Mage avait écouté tout en rentrant dans le bureau, il ferma la porte puis
vint s’asseoir en face du Roi quand il en eut la permission.
« _ Ce que vous dîtes est vrai, je parais vieux aux yeux du peuple, mais j’ai
toujours su que des Dieux existaient et veillaient sur nous. »
« _ C’est le destin de milliers de Nains misés sur les rêves d’un vieillard. »
« _ Vous n’êtes pas éternels mon seigneur, chaque jour votre armée s’amoindrit
plus que les femmes n’ont d’enfants, et vos hauts murs s’effritent. Vous savez
comme moi que ce n’est qu’une question de temps pour que tout s’effondre.
Combien encore 6 mois ? 1 an ? 2 ans ? Je n’en donne pas beaucoup plus, surtout
si vous deviez être blessé ou pire. »
Jukka plissa ses yeux qui devinrent soudain plus froid et plus glacial qu’ils
ne l’avaient jamais été. Mais le Roi annonça :
« Je fais confiance en ton plan, nous partons demain. Prends le coffre et va
acheter tous les bateaux du port Elfe. »
Dijul se leva fît une révérence et sortit au pas de course, sûrement de peur
que le souverain changeasse d’avis.
Ce soir là, du haut d’une tour de garde, le Roi fît un discours dans lequel il
annonça le Grand Départ. Jukka savait qu’il ne retrouverait plus jamais ses
hauts remparts qui allaient dès demain être habité par une nouvelle armée. Et
pourtant après son discours, Jukka fût ovationné par la population Naine. Le
Grand Jukka Ier, tel était son nom.
Boitant encore un peu, Dayan sortit malgré tout de la grotte et rejoignit le
groupe dehors. Tous écoutaient un discours qui venait de plus haut, la tête
vers le ciel. Il atteint le groupe leva les yeux au ciel et aperçut avec
surprise le Nain qui lui avait sauvé la vie en haut d’une tour qui annonçait le
départ vers une « Terre Promise ». La foule applaudit et entonna un chant de
victoire à la fin du discours pour le Nain à la barbe noire. Dayan comprit que
c’était le Roi Jukka Ier. Avec sa blessure il lui était impossible de fuir, et
puis il n’avait nulle part où aller. Son village natal était trop loin pour
espérer y arriver vivant, sans arme et en boitant. Il décida de partir avec
eux, curieux de savoir si cet « Ärthemillion » existait. Et qui était ces «
Dieux » ?
Et le lendemain à l’aube, 8 000 Nains et Naines embraquèrent sur un peu moins
d’une centaine de bateaux. Bien qu’un peu serré, ils purent tous monter et
quitter leur terre de guerre et de sang.
Ils débarquèrent plusieurs mois après sur une vaste plaine verte. L’herbe,
jamais Jukka et ses compagnons ne l’avaient vue comme ça. Chez eux, la pluie,
la boue et le piétinement incessant des armées n’avaient jamais laissé place à
tant de beauté naturelle. Le temps était légèrement nuageux.
Dijul voyant, cette plaine s’écria « Mes amis, nous voilà sur Ärthémillion. »
Jukka avançait sur cette plaine, regardant les hautes herbes qui s’écartaient à
son passage. Derrière lui Dayan, découvrait une terre plus fertile qu’il n’en
avait jamais vu. La population était encore au bord de l’eau, s’embrassant,
chantant, ou écoutant Dijul qui racontait l’histoire de cette Terre.
Pendant ce temps, Jukka et Dayan s’éloignaient. Jukka s’arrêta et se retourna
voyant Dayan qui le suivait lentement. Celui-ci se figea dans un hoquet de
peur.
« _ Comment vas-tu ? »
« _ Bi…bi…bien mon seigneur » bafouilla le jeune paysan.
Le Roi prit un peu de terre dans sa main et l’inspecta en disant :
« _ Regarde cette Terre, quand je pense qu’elle était si proche, une terre
aussi belle alors que j’ai tué des milliers d’ennemis, Orques, Elfes, Hommes,
Nains même…et j’en passe. Tout ça pour sauver de vieux murs et une grotte qui
était autant pourvu d’autant de minerais que nos terres d’herbes. » Le Nain
referma et serra son poing avec la terre à l’intérieur baissa la tête dans un
profond soupir tout en continuant :
« _ Je m’en veux d’avoir autant tué, mais je voulais sauver mon peuple. » Puis
il releva la tête vers Dayan et s’écria avec un grand sourire.
« _ Mais aujourd’hui, je mets le passé côté, je veux refaire un royaume, vivre
en harmonie avec cette terre, me pardonner de mes fautes passées.»
Dayan cessa de trembler en entendant ce discours, il reprit son souffle et
hésita :
« _ Et…et les Dieux ? »
Jukka sourit et explosa de rire.
« _ Je n’ai jamais cru en ces « Dieux », je pense que c’est seulement une
légende pour effrayer les enfants. Non, je ne pense pas qu’il existe de forces
divines. Je laisse la légende et la croyance à Dijul, il saura l’inculquer.
Quant à nous, nous devrons faire respecter l’Ordre. »
Soudain, la Terre
trembla, une secousse de quelques secondes. Puis elle s’arrêta. Les Nains se
relevèrent et une autre plus longue encore que la première remua Jukka et ses
compagnons. L’instant entre la seconde et la troisième fut plus court qu’entre
la première et la seconde. Dans le Ciel, les nuages se dégagèrent laissant
passer une aura lumineuse qui arriva sur le sol. Une lumière dorée où l’on
pouvait apercevoir quelque chose.
« « Ca semblait être un homme sur un cheval. Le cheval
était bardé d’or sur toute la poitrine, le flanc et le chanfrein. Sur ce
vigoureux destrier blanc, l’être, derrière sa lumière dorée qui l’entourait
étincelait d’une armure en or. Dans une main, une immense lance en or qui
semblait capable de fendre la Terre d’un coup. Dans l’autre, une minuscule
balance qu’il tenait dans le creux de sa main. La balance bougeait sans cesse,
les poids , en fait deux boules, une noire, l'autre blanche, basculaient
incessamment d’un côté à un autre.
Tous furent subjugués par l’apparition, à la fois
effrayante et chaleureuse de l’être dans son aura d’or. Le casque cachait le
principal de la tête mais des yeux d’or et de feux semblaient éclairer ce
visage. Des yeux qui avaient l’air de tout voir, sur tout, partout.
Un dégagement de puissance physique et magique. Les Nains
avaient l’impression que leurs corps pouvaient être déchirés comme une feuille
de parchemin.
Les secousses cessèrent, et la balance s’arrêta de
tourner. Son aiguille semblait s’être stoppée et basculait d’un côté, celui qui
supportait la boule blanche. Elle se mit à briller, au point d'éblouir tout les
nouveaux arrivants.
Ils étaient tous allongé par terre à cause des secousses
et n’osaient bouger, même respirer fût une véritable corvée pour eux.
Il y eut un silence, un long silence, comme si le temps
s’était arrêté quand la balance avait basculé d'un côté.
L’être, d’une voix mystique, à la fois caverneuse et
enchanteresse révéla :
« _ Ainsi, les Dieux, n’existent pas ? Me voilà. Ma balance
m’a annoncé que vos cœurs, vos esprits et vos buts sont sains. Je vous lègue
ces Terres pour vous y installer, vous y trouverez fer, bois et terres
fertiles. Allez en paix à présent mes enfants. »
Le cheval déploya d’immenses ailes et Ofla, puisque c'était
son nom, s’envola, suivant l’aura dorée, il repartit vers les nuages et là le
Dieu disparut d’où la lumière était apparu. Le rayon lumineux s’effaça soudain
et le ciel se dégagea. Tous les nuages se volatilisèrent laissant place à un
ciel bleu azur et un soleil chaleureux.
Depuis ce temps, tous les descendants paysans Nains se
racontent cette histoire. Car si la population était à plusieurs centaines de
mètre de l’aura, Dayan et Jukka n’étaient qu’à quelques mètres eux. Dayan, père
des paysans nains, « celui qui avait vu Ofla ». Après sa mort, ses paroles
continuèrent à être raconté, cependant avec le temps, l’histoire se déforma si
bien qu’aujourd’hui on se sait plus vraiment laquelle des versions était la
vraie.
La vérité est que peu importe leurs apparences, les Dieux
sont bien là, il nous surveille, il nous protège. Jamais Ärthemillion ne devait
devenir une Terre de sang, de morts vivants dans l’anarchie du plus fort qui
écrase les faibles. Dayan avait « vu Ofla » et aujourd’hui les Dieux sont
portés en triomphe tout comme l’est encore aujourd’hui Jukka mort depuis
plusieurs siècle mais que les récits et les parchemins n’ont pas enterré.
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Dernière mise à jour de cette page le 18/12/2007